La tenségrité désigne un principe architectural dans lequel une structure conserve sa stabilité grâce à l’équilibre entre les forces de tension et de compression.
Appliquée au corps humain, cette notion invite à ne pas considérer le squelette comme un simple empilement d’os. Les os supportent certaines compressions, tandis que les muscles, les tendons, les ligaments et les fascias participent à un réseau de tensions qui permet au corps de rester à la fois stable, mobile et adaptable.
Les fascias enveloppent, relient et soutiennent les muscles, les articulations, les organes, les vaisseaux et les nerfs. Cette continuité explique qu’une contrainte locale puisse influencer la manière dont d’autres régions du corps s’organisent et répartissent leurs tensions.
Ces tissus ne sont pas de simples enveloppes passives. Ils s’adaptent aux sollicitations mécaniques et participent aux échanges d’informations entre les tissus. À l’échelle des cellules, la capacité à percevoir une force et à y répondre est appelée mécanotransduction.

La tenségrité reste un modèle de compréhension : elle ne signifie pas que toute douleur locale provient nécessairement d’une autre partie du corps. Elle rappelle cependant l’intérêt d’observer une personne dans sa globalité.
Cette vision nourrit l’approche ostéopathique : prendre en compte la zone douloureuse, mais aussi la façon dont l’ensemble du corps s’adapte, répartit ses contraintes et retrouve un équilibre plus fonctionnel.